Le récit de nos plongées !
| Pour commencer... |
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Du 8 au 15 octobre 2005 |
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C'est donc là ma seconde visite sur les épaves de Scapa-Flow. J'y retourne avec très grand plaisir, bien évidemment. Notre première semaine aura été une entrée en matière intéressante, pour confirmer nos attentes, découvrir le mythe, explorer très modestement et finalement en repartir frustrés! Oui, j'avais plongé sur les épaves de la Reichsmarine à Scapa-Flow, mais bien évidemment je ne les connais pas.
Cette seconde semaine sera donc consacrée à une connaissance un peu plus exhaustive de ces épaves, souvent similaires dans leur construction et pourtant toutes différentes, avec des ambiances bien particulières, uniques.
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Pour mieux en profiter, je me suis fixé quelques conditions. Tous d'abord je n'emmènerai pas mon appareil photo, pour garder l'oeil de l'explorateur et non celui du photographe, à visiter les coins et recoins plutôt que de traquer l'ambiance et la lumière qui feront un bon cliché. Ensuite, je ne ferai pas toutes les épaves mais privilégierai plutôt les croiseurs, plus accessibles. En fait, les trois cuirassés, le SMS König, le SMS Kronprinz Wilhelm et le SMS Markgraf sont identiques, autant dans leur construction que dans leur situation actuelle, reposants à l'envers. Je me limiterai donc au SMS Kronprinz Wilhelm, pour la simple raison qu'il est légèrement incliné et permet ainsi une visite plus aisée. Pour terminer, je plongerai bien évidemment avec mon recycleur Buddy Inspiration, tout comme Bernard, ce qui me permettra des visites plus longues tout en minimisant les paliers. Notre programme sera donc établi au jour le jour, en commençant de manière progressive et bien entendu en tenant compte des contraintes de décompression car presque toutes les plongées s'effectueront dans la zone des 30-35m, dans une eau malgré tout un peu fraîche. Toute l'équipe fera le choix très judicieux et rassurant de plonger au nitrox 32, mis à part bien entendu les circuits fermés, bien mieux lotis encore!
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Les épaves de la Reichsmarine de cette semaine seront les suivantes: SMS Brummer, SMS Dresden II, SMS Karlsruhe, SMS Cöln, SMS König, SMS Kronprinz Wilhelm, SMS Markgraf |
Et pour notre récréation: le F2 (Escorteur), le James Barrie (Cargo brise-glace), le Gobernator Borries (Blockship) |
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| Dimanche 9 octobre 2005 |
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| Matin |
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Epave idéale pour une remise en palmes, elle repose sur son flanc tribord, de 12 à 26m. Une plongée suffira à faire l'aller retour si l'on prend garde de ne pas trop s'attarder, ce qui peut être assez tentant pour une découverte. Bien que très ferraillée, l'épave du SMS Karlsruhe reste cependant très intéressante et la vue, pour certains, des premiers canons est une belle introduction à ce que sera la semaine.
Profitons donc de cette première plongée pour affiner notre lestage et les menus réglages de notre équipement.
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Nous nous immergeons sur la proue, le bout est légèrement décalé et fixé sur le côté tribord de la proue, donc à l'endroit le plus profond. Il sera utile de bien le repérer pour espérer le retrouver ou de se résoudre à faire une remontée en pleine eau, ce qui n'est guère problématique. La passerelle est bien abîmée et nous prendrons plaisir à la rejoindre depuis la proue sur le flanc tribord, donc au plus profond. A l'arrière de la passerelle nous trouvons le trou béant, la partie centrale de l'épave, laminée par les ferrailleurs, large enchevêtrement de ferrailles tordues et méconnaissables. |
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En suivant cet entassement nous arrivons assez rapidement vers la partie arrière, bien conservée, qui permettra d'explorer les coursives et son canon de 150mm, toujours en place. Arrivés à la poupe, nous décidons de rebrousser chemin en nous intéressant à la partie bâbord de l'épave, moins profonde. La profondeur moyenne sera de l'ordre d'une vingtaine de mètres et nous rejoignons assez rapidement la proue.
Je pensais avoir bien repéré le bout de descente et cherchais à le retrouver pour entamer notre remontée. Peine perdue, je me résoudrai à déballer mon parachute de palier... |
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| Dimanche 9 octobre 2005 |
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| Après-midi |
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Reconnaissons le tout de suite, le F2 n'est pas une épave majeure et sa présence à Scapa-Flow est bien plus accidentelle, par le fait d'une tempête, que consécutive à un fait de guerre. Son intérêt sera d'agrémenter cette première journée d'une seconde plongée assez reposante et dont la profondeur modeste est compatible avec un intervalle surface plus réduit que les jours suivants.
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Le F2 repose sur bâbord. Le pont avant est bien conservé jusqu'à la passerelle et un canon de 105mm est toujours à poste, dirigé vers la proue. L'arrière de la passerelle n'est cependant plus qu'un amas de ferraille sans beaucoup d'intérêt. Nous chercherons en vain la barge YC21, ayant servi au ferraillage du F2 et qui a subi le même sort en 1968. |
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| Lundi 10 octobre 2005 |
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| Matin |
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Sur les 3 cuirassés restants à Scapa-Flow, le SMS Kronprinz Wilhelm, reste certainement le plus intéressant à visiter. Tout comme le SMS König ou le SMS Markgraf, il gît sur à l'envers, sur un fond moyen de 36m, lui aussi laissant apparaître une large ouverture au niveau de ses machines. Son intérêt par rapport à ses consorts réside dans sa position légèrement inclinée qui rend accessibles ses canons bâbord de 150mm et permet une pénétration un peu plus aisée et moins risquée de ses coursives. L'essentiel de son impressionnante artillerie restera inexorablement planté dans le fond vaseux.
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Nous arrivons sur son immense coque par sa partie arrière, juste en avant de ses gouvernails, toujours en place. Cette vision est surréaliste tant cette coque semble immense. La légère inclinaison de sa coque nous guide vers son flanc bâbord, début de notre exploration. Immédiatement nous arrivons sur les canons de 150mm, accrochés maintenant au plafond et dont la tourelle est toute entière visible. Quelques bossoirs arrachés traînent sur les côtés.
Plus loin, le mât émergeant de la masse et désormais couché, nous indique la passerelle. La double tourelle de canons de 305mm à l'avant est bien trop enfoncée dans la vase pour rester visible. Vers la proue, en levant la tête, on peu voir ce qui reste de son pont en bois.
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Arrivé à la proue on peut apercevoir le mouillage et admirer la taille respectable de ses maillons.
Nous rebroussons chemin et pouvons apercevoir la tourelle centrale laissant apparaître les canons de 305mm et nous y attardons un peu. Un peu plus en arrière encore nous pourrons enfin visiter un peu plus en profondeur les 2 tourelles superposées, elles aussi armées de canons de 305mm, nous n'en verrons pas la bouche, mais le diamètre extérieur, surtout près de la tourelle, est stupéfiant.
Nous remontons enfin doucement pour rejoindre le bout qui nous guidera vers la surface et en profitons pour contempler la faune riche et variée qui s'y est fixée. |
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| Lundi 10 octobre 2005 |
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| Après-midi |
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Le SMS Dresden est le second croiseur que nous visitons cette semaine. Là encore, nous nous immergeons pour arriver sur sa poupe, vers 20m de profondeur. Nous nous laissons glisser lentement vers l'avant et très rapidement de larges ouvertures permettent de s'aventurer un peu dans ses entrailles.
Plus loin, les machines, comme toujours largement ferraillées, laissent apparaître les ailettes des turbines très facilement reconnaissables dans cet enchevêtrement de tôles difformes.
La passerelle est encore très accessible et permet une visite aisée. Le navire semble vrillé et plus on avance, plus la verticalité de son pont devient surplombante... Chose très marquée vers la proue.
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Au retour, après cette première reconnaissance, nous allons explorer un peu plus loin l'intérieur. Attention cependant, la vase peut rendre le retour difficile et il faudra bien veiller à baliser son itinéraire ou ne s'aventurer qu'en voyant l'issue suivante suffisamment grande pour en ressortir.
Nous remontons bien malgré nous, mais une visite plus longue encore nous coûterait bien cher en paliers... |
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| Mardi 11 octobre 2005 |
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| Matin |
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Nous arrivons là dans ce que je considère comme mes épaves préférées à Scapa-Flow. Je voulais y aller crescendo, nous ne serons pas déçus...
Dès la mise à l'eau, une otarie nous accueille à proximité de la bouée. Nous nous immergeons assez rapidement, malgré un abcès qui me gratifie d'une charmante face de hamster, je me sens très bien ce matin. Le SMS Brummer est couché sur tribord et nous arrivons sur son flanc bâbord vers 20m, en contrebas j'aperçois la passerelle et le canon avant de 150mm. Nous nous laissons glisser lentement vers le fond, à 34m, et nous dirigeons tout d'abord vers la proue. Le guindeau bâbord nous indique l'imminence de celle-ci. Malheureusement le poids des années d'immersion aura eu raison de la proue et elle est désormais détachée et gît sur le fond. L'ouverture ainsi crée permet d'explorer rapidement les entrailles, sans toutefois y trouver grand chose de passionnant.
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Nous rebroussons chemin pour voir plus longuement le canon avant, toujours dirigé vers l'avant et semblant prêt à reprendre le combat. La passerelle juste après est en bon état et permet une large exploration, sans trop de difficultés ni dangers particuliers. Elle s'élève sur 3 niveaux depuis le pont. Immédiatement à l'arrière, entre les 2 premières cheminées, nous retrouvons le canon de 85mm, lui aussi en poste. Pour une fois, l'ouverture ayant permis le ferraillage des machines n'est pas trop grande et nous retrouvons rapidement le pont jusqu'à la poupe.
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Cette épave permet de longues explorations à l'intérieur, accessibles sans trop de danger tant que l'on ne tente pas de s'aventurer dans les ponts inférieurs. Son armement est presque intégralement en place en augmente encore l'intérêt et alimente notre envie d'y revenir....
En rejoignant le bout, sur le flanc tribord, quelques crustacés nous rappellent que la gastronomie reste cependant toujours dans nos esprits...
Cette épave est très riche en poissons et une otarie nous accueille au palier avant d'entamer de rapides descentes vers son garde-manger. |
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| Mardi 11 octobre 2005 |
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| Après-midi |
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Après le SMS Brummer le matin, nous nous immergeons maintenant sur le SMS Cöln. A première vue la même plongée, le Cöln repose également sur tribord, sur une profondeur identique et le bout de descente nous amène près de la passerelle.
Un peu plus imposant que le Brummer, le Cöln était également plus puissamment armé, malheureusement les ferrailleurs sont passés par là et il n'en reste hélas pas grand chose. La passerelle, plus trapue, a perdu l'essentiel de son blindage au fil des années d'immersion. Nous nous dirigeons rapidement vers la proue magnifique, intacte, horizontale. Croyez-le si vous le voulez, à ce moment je me suis retrouvé nez à nez, ou plutôt masque à bec avec un oiseau venu chasser, à -35m !!!
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Nous profitons d'une ouverture pour explorer l'intérieur qui nous amènera jusqu'à l'aplomb de ce qui reste des machines. Cette exploration reste également assez accessible mais nécessite quelques menues cabrioles. Il ne faudra pas quitter de vue l'issue suivante et progresser ainsi, d'étape en étape.
La poupe est en assez bon état et 2 canons de 150mm restent à poste. L'ancre de poupe est elle aussi toujours en place et largement couverte d'ophiures. Nous faisons route inverse à cet endroit pour rejoindre le bout par le côté bâbord, moins profond, pour ménager nos paliers. |
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| Mercredi 12 octobre 2005 |
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| Matin |
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Comme nous avions prévu de refaire les épaves préférées, nous voici de retour sur le SMS Dresden.
Nous nous dirigeons rapidement vers la poupe puis profitons de la première ouverture se présentant à nous pour pénétrer dans l'épave. Là encore nous progressons évidemment en file indienne, d'ouverture en ouverture vers le milieu de l'épave sur une trentaine de mètres de profondeur, jusque vers une large ouverture juste avant les machines. L'étroitesse de certains passages ne nous incite pas trop à visiter les ponts inférieurs.
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Nous trouvons un second passage entre les machines et la passerelle et nous y engageons, cette fois à une profondeur moindre, sur le côté tribord. Du charbon jonche encore abondamment le sol ce qui ne laisse pas de doute de l'utilisation passée de ce local. Malheureusement nous arrivons bientôt à un cul de sac qui nous oblige à faire demi-tour à tatons.
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A proximité de la passerelle, le pont est presque à l'horizontale, au dessus de nous! Vision étrange des énormes taquets suspendus au-dessus de nos têtes. Comme je l'avais remarqué lors de ma plongée précédente sur cette épave, le pont près de la proue est franchement surplombant et le navire semble vrillé par les ans, au moins jusqu'à la cassure.
Nous repartons rapidement vers la poupe pour rejoindre, à une profondeur moindre, le bout qui nous ramène vers la surface. |
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| Mercredi 12 octobre 2005 |
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| Après-midi |
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Je reconnais-que le SMS Brummer est devenu un peu mon préféré, c'est donc avec un grand plaisir ue j'y retourne une seconde fois cette semaine. Nous laissons pour le moment la passerelle et nous dirigeons vers la proue. Le mouillage est encore en place dans les chaumards. Nous profiterons d'une première ouverture pour nous glisser à l'intérieur, passant alternativement par dessous ou par dessus les différents obstacles. Les passages sont parfois obscurs et je mémorise les différents points caractéristiques nous permettant de battre en retraite en sécurité si cela devenait nécessaire. |
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Sous la passerelle, nous apercevons la baignoire du capitaine, bien à l'horizontale.
Nous reprenons notre exploration vers la poupe mais par l'extérieur, au moins jusqu'aux machines. Je repère différents accès qui devraient nous permettre de visiter les ponts inférieurs, mais ce sera pour une autre fois...
Retour par les coursives bâbord et rapide visite de la passerelle et du canon de 150mm à l'avant avant d'entamer la remontée. |
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| Jeudi 13 octobre 2005 |
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| Matin |
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Le James Barrie, chalutier brise-glace de 36m de long marque une sorte de récréation durant cette semaine d'épaves de guerre. Il repose dans la passe de Hoxa Sound, sur un fond de 43m et nécessite de respecter l'étale. Nous sommes donc tous prêts à 10h50 pour l'étale prévue à 11h00, avec une prévision de 25min au fond, ou 15min de décompression ou encore une durée totale d'immersion de 45min.
Le bout est amarré vers la proue et un second bout horizontal jusqu'à la passerelle, permet de rejoindre le bout de remontée si le courant devait se lever. La visibilité est excellente par cette journée ensoleillée et doit atteindre une bonne vingtaine de mètres.
Le James Barrie gît à tribord. Sa proue maintenant parfaitement horizontale est magnifique et semble bien taillée pour briser jadis les glaces. Son ancre est toujours en place et les guindeaux semblent prêts à reprendre du service.
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Entre la proue et la passerelle nous explorons rapidement les cales avant, très accessibles et spacieuses mais parfaitement vides. La passerelle est plus difficile d'accès car tous les accès sont trop étroits pour nos équipements.
L'accès au moteur est très facile en passant par l'énorme cheminée et on peut le contourner aisément jusqu'au fond de la coque, vers son avant. Juste à l'arrière du moteur, un fil d'ariane permet d'accéder aux cales arrières mais certains passages un peu étroits devront nous imposer une grande prudence.
En contournant la poupe, on trouve l'énorme safran posé sur le sable, certainement pour libérer l'hélice qui elle a disparu laissant l'arbre à nu. Nous rejoignons le bout avant en passant par les larges coursives bâbord et entamons la remontée. Le courant s'est déjà levé et les minutes s'égrènent lentement, en grappe et en drapeau sur le bout... |
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| Jeudi 13 octobre 2005 |
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| Après-midi |
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Cette nouvelle plongée sur le SMS Cöln a semé le doute, ma préférence pour le SMS Brummer n'est pas si évidente malgré tout. Entre les deux mon coeur balance et une certaine similitude entre ces épaves n'y est pas étrangère. Nouvelle immersion donc sur le Cöln. Nous décidons d'emblée d'en limiter la durée car la plongée du matin a été assez profonde et notre intervalle de surface plus limité que d'habitude. Je ne sais pas si c'est encore le souvenir de l'eau très limpide du James Barrie qui m'a donné ce sentiment d'une visibilité assez moyenne ou une simple impression. Je me rendrai compte que la visibilité est finalement tout à fait satisfaisante.
Après un rapide passage vers la proue, nous pénétrons l'épave à l'aplomb de la passerelle et nous dirigeons lentement vers l'arrière. Juste à l'arrière de la paserelle, la première cheminée nous bloque le passage. Je décide de la contourner par le bas mais ferai rapidement demi-tour pour finalement la contourner par le haut, soit le côté bâbord. |
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Je suis effrayé par une otarie qui se faufile rapidement dans les coursives à la recherche de son casse-croûte! J'en profite pour repérer les passages vers les ponts inférieurs, pour la prochaine fois...
Arrivés vers la proue, je constate que le premier canon de 150mm que nous rencontrons, le plus élevé, penche vers le bas, un peu suspendu dans le vide. Le canon arrière en revanche est bien en place, dirigé vers l'arrière.
Nous rebroussons chemin en visitant les coursives bâbord, très larges. Le pont en bois est en assez bon état malgré les années d'engloutissement.
Le bout de remontée nous attend, le froid et la fatigue aidants nous ne nous attardons pas trop et je suis bien content cette fois encore que mon recycleur me permet des plongées longues avec une décompression plus rapide... |
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| Vendredi 14 octobre 2005 |
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| Matin |
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Ma mission pour cette plongée fut de guider tout mon petit groupe vers les canons de 305mm. Mission accomplie certes mais je reconnais que j'ai cherché un peu plus que ce que je prévoyais. Cette épave reposant à l'envers, la notion même de bâbord, tribord, devient perturbante et je me suis donc fixé, dès le bas du bout de descente, de repérer les gouvernails, me placer dos à ces gouvernails puis de me laisser glisser vers la "droite" de cette immense coque.
L'enchevêtrement de tôles m'a indiqué le bon chemin pour trouver enfin le canon central, pas exactement celui que je cherchais mais qui satisfaisait mes compagnons. A partir de là, le goupe se sépare et nous nous dirigeons lentement en direction de la proue. L'épave ne semble pas se terminer. Je repère quelques entrées possibles que je me réserverai pour une prochaine plongée, équipé comme il se doit pour ce genre d'entreprise car la taille même du bateau justifie la pose d'un fil d'ariane. |
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La proue est immense et il serait presque possible de passer par le chaumard. Nous ne nous attardons pas trop car il nous faudra revenir jusqu'au bout, à presque 180m de là! J'en profite cependant pour cheminer encore dans les passages évidents et accessibles en sécurité.
L'énorme cassure près des machines me rend attentif aux 2 tourelles superposées des canon de 305mm, que je situe dans cette zone. C'est d'ailleurs sans mal que je le retrouve enfin!
Une infiltration d'eau pernicieuse dans ma combinaison me transit de froid et nous décidons d'arrêter là notre exploration. En montant à la verticale de ces canons, je prends mes repères pour la prochaine fois...
Je pense que je réserverai plus de plongées à ce monstre lors de notre prochaine visite à Scapa-Flow. Malgré qu'il soit retourné, les possibilités d'explorations sont énormes et bien plus mystérieuses encore que celles des croiseurs. |
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| Vendredi 14 octobre 2005 |
The Gobernator Borries (Blockship) |
| Après-midi |
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Pour terminer cette semaine, nous décidons de la visite de l'un des "blockships", coulé pendant la première guerre mondiale et destiné à barrer l'accès à Scapa-Flow aux sous-marins ennemis.
Ces blockships se trouvant forcément dans les passes, nous devons attendre l'étale pour nous mettre à l'eau. Celle-ci se fait curieusement attendre aujourd'hui, contrairement au tableau des marées, et nous patienterons de longues minutes à bord. A la mise à l'eau, le courant reste respectable et le balisage sera très providentiel pour nous amener sur l'épave.
Je suis immédiatement surpris par la clarté de l'eau, amplifiée par un rayon de soleil bien agréable. La visibilité doit bien atteindre une vingtaine de mètres. La faune est très abondante ainsi que les laminaires. |
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La coque est très éventrée, non seulement par l'ancienneté de cette épave, mais aussi parce-qu'elle a été dynamitée il y a bien des années pour ne pas entraver la navigation. L'immense machine à vapeur se dresse fièrement au milieu des débris, laissant apparaître des énormes vilebrequins. En direction de la proue, nous pourrons passer sous les cuves. Le sol rocailleux ne soulève pas de particules et rend cette plongée vraiment très agréables.
La proue, très inclinée, est cependant très effilée. Nous restons toujours à l'abri à tribord car l'étale n'est pas encore vraiment installée, tout en retournant vers la poupe.
Le safran est en partie détaché et l'hélice quadripales est toujours en place, quoique à moitié enfouie. Les paysages et les couleurs sont magnifiques et nous resterons quelques minutes encore admiratifs. |
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| Mais encore ... |
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Du 22 au 29 octobre 2005 |
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Retour un peu inattendu à Scapa-Flow mais c'est bien entendu avec grand plaisir que je retrouve ces épaves que j'affectionne tout particulièrement. |
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J'en profite pour affiner encore un peu ma connaissance de ces épaves et tout comme lors de notre précédent séjour, je commencerai par le SMS Karlsruhe. J'avais soigneusement noté mes paramètres précédents et c'est tant mieux car, par étourderie ou urgence, mon ordinateur de plongée est resté à Paris..... J'en profite donc pour expérimenter les tables issues du logiciel Z-Planner. Après quelques réglages, j'obtiens des paramètres de décompression qui semblent bien cohérents et en adéquation avec mon recycleur. |
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| Dimanche 23 octobre 2005 |
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| Matin |
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Immersion sur le Karlsruhe, le bout n'est pas aussi profond que ce j'avais décrit précédemment. François est muni de sa caméra et complêtera aussi ses documents audiovisuels. Je n'emmène pas mon caisson pour cette plongée et me contenterai de tout détailler, simplement équipé d'un phare HID, grâcieusement prêté par notre partenaire, le Vieux Campeur. Le SMS Karlsruhe est largement ferraillé mais conserve la presque totalité de ses canons de 150mm, tous évidement rendus inertes par la suppression de la culasse lors de l'internement de la flotte allemande à l'automne 1918. |
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Nous nous dirigeons vers la proue, je devance François. Elle est presque méconnaissable mais le guindeau nous donne une indication sans ambiguïté et nous pouvons découvrir le dispositif assez particulier de guidage de la chaine.
Bien que très éventrée, cette épave laisse apparaître de nombreuses pièces mécaniques, d'utilité très diverse et il est très aisé de voir des éléments très impressionnants de ses turbines à vapeur. Je m'insinue entre ses turbines par une large ouverture, la vue est impressionnante.
La poupe garde des perpectives intéressantes, je m'arrête un peu pour admirer les lumières et les contre-jours. Nous poursuivons notre plongée en contournant la poupe pour rejoindre le bout à l'avant. Un homard me nargue, bien planqué dans une cavité inaccessible, il doit voir mon oeil de gastronome!
Nous arrivons au bout et décidons de remonter après 42 minutes passées sur cette épave. |
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| Dimanche 23 octobre 2005 |
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| Après-midi |
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Pour cette fois je décidais d'emmener mon caisson pour ramener quelques photos. Après coup, je me dis que c'était une bien mauvaise idée car non seulement je n'ai pas vraiment profité de cette épave, mais en plus ma récolte a été relativement maigre... L'oeil du photographe est bien différent de celui de l'explorateur d'épaves et l'on s'attache à des lumières, détails et ambiances qui font perdre la vue d'ensemble.
Bref, je ne m'étendrai pas sur cette plongée et les patients lecteurs que vous êtes ne m'en tiendront pas trop rigueur, du moins je l'espère. |
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| Lundi 24 octobre 2005 |
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| Matin |
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Le SMS Kronprinz Wilhelm, j'attendais d'y retourner depuis ma très récente exploration. J'ai profité de mes repères pour retrouver immédiatement les 2 tourelles des immenses canons de 305mm à l'arrière. Nous ne nous y attardons pas trop pour nous diriger vers l'avant.
C'est assez déroutant comme plongée car pour voir des choses, il faut regarder vers le haut. Souvenons-nous que cette épave gît à l'envers. Je pénètre par une très large ouverture vers ce qui devait être la cale à charbon car de nombreux morceaux jonchent encore le sol. Je rebrousse chemin au bout d'une quinzaine de mètres alors même que de nombreux passages et couloirs permettraient de s'enfoncer bien plus loin encore.
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La série des 7 tourelles de canons latéraux de 150mm est suspendue au-dessus de nous tout le long de l'épave, nous les visitons en regagnant le bout de remontée. La plongée ne sera pas trop longue car contrairement à mes plongées précédents sur le Kronprinz Wilhelm, je suis le seul à plonger au recycleur et je me cale sur les paramètres de décompression de ma palanquée.
Revenus en surface, comme annoncé, le vent s'est levé et la remontée sur le bateau sera assez artistique.
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| Lundi 24 octobre 2005 |
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| Après-midi |
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Le vent a encore forci et doit atteindre 50 noeuds de secteur Sud dans l'après-midi. Nous décidons d'écourter l'intervalle surface pour profiter du petit créneau météo qui nous reste. La seule épave plus ou moins abritée est le SMS Karlsruhe, nous l'avons déjà fait mais tous à l'unanimité sont prêts à y retourner, convaincus que c'est la météo qui fixe les rêgles du jeu. Le SMS Karlsruhe se prête doublement à ce jeu car outre son relatif abri, il est sur une profondeur compatible avec l'intervalle surface ainsi écourté.
Nous décidons dès la descente de rejoindre tout d'abord l'arrière, chose que nous ferons effectivement après quand même une assez longue pénétration sous la passerelle. Vers la cassure nous pouvons apercevoir les ailettes et différents éléments et tuyauteries de la machine maintenant toute éventrée.
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Sous sa quille on peut suivre l'arbre d'hélice qui s'arrête net près du gouvernail, lui toujours en place. Bien évidemment les hélices ont disparu.
Tout à l'arrière, François nous montre l'ancre de poupe toujours en place et partiellement ensablée. Le mouillage a en revanche disparu.
Nous revenons lentement vers l'avant et après un rapide passage au-dessus de la proue, nous rejoignons le bout. Très vite on peut apercevoir que le vent s'est encore renforcé et il aurait bien imprudent de remonter en pleine eau, au parachute.
La remontée sur le bateau est maintenant devenue assez scabreuse, nous avons bien fait d'écourter notre journée.
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| Mardi 25 octobre 2005 |
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| Matin |
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Nous retrouvons donc l'une de mes favorites...
Après l'immersion nous nous dirigeons immédiatement vers la proue. Nous la contournons pour nous introduire dans l'épave par la cassure pour nous retrouver vers ce qui devait être le puit de chaine. La cale à cet endroit est déjà très haute, ou plutôt très large si l'on remet l'épave dans sa position normale. Nous progressons lentement vers la passerelle que nous atteignons sur tribord, soit le côté le plus profond. Un phoque sort d'une coursive, me regarde visiblement aussi surpris que moi, puis repart tranquillement faire ses courses. Il est vrai que cette épave est très poissonneuse.
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Nous nous dirigeons ensuite très lentement vers l'arrière en nous attardant sur la machine. L'ancre de poupe est toujours à poste avec quelques maillons de son mouillage. Nous remontons le long de la poupe, un énorme winch nous surplombe.
Nous passons la turbine et pénétrons dans les coursives bâbord, les moins profondes, d'énormes blocs de coke sont éparpillés par terre. Nous rejoignons rapidement la passerelle pour remonter sur le bout. |
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| Mardi 25 octobre 2005 |
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| Après-midi |
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Première plongée de ce séjour sur le Cöln. C'est bien intéressant de faire cette plongée immédiatement après le Brummer mais là encore je ne saurais pas, à ce jour, donner de préférence à l'une ou l'autre de ces épaves. Il en va de même d'ailleurs du reste du groupe, dont les avis sont certes plus tranchés mais sans qu'une majorité ne se distingue pour l'un ou l'autre.
Plus que lors de notre plongée du matin, nous décidons avec Mary d'explorer l'intérieur de l'épave. La visibilité en cette période est excellente et atteint 15 à 20 mètres, ce qui permet d'avoir une vue très large de cette épave. Nous nous contenterons de la partie avant, c'est à dire jusqu'à la cassure de la machine, ce qui permet déjà de passer un temps non négligeable que nous payerons à la sortie. Vers 35m, je vois passer un oiseau, j'ai le temps de voir son mode de propulsion. Tout comme dans les airs, il bat tout simplement des ailes et se déplace à une vitesse hallucinante. |
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J'en profite pour remettre en place un panneau indiquant "For sale". Une bonne occasion peut-être....
Nous nous enfonçons près de la passerelle jusqu'au second pont et irons ainsi jusqu'à l'aplomb des machines avant de rejoindre le bout.
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| Mercredi 26 octobre 2005 |
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| Matin |
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Disons-le d'emblée, cette plongée ne fut pas celle que j'aurais espéré.....
J'ai eu, dès mon immersion, la bonne idée de partir tête en avant, l'eau restant dans le faux-poumon de mon Buddy en a profité pour venir doucement s'infiltrer dans ma boucle respiratoire et a agrémenté ma plongée d'un doux gargouillis.
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Nous aurons été quand même jusqu'à la proue et ses immenses écubiers, toujours aussi impressionnants, avant de rebrousser chemin rapidement mais sans avoir le temps de rejoindre le bout. Nous remonterons donc en pleine eau et je profiterai pleinement des paliers à l'air de Mary... |
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| Mercredi 26 octobre 2005 |
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| Après-midi |
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Je sais, ce n'est pas bien, mais depuis le bateau j'avais prévenu que j'allais perdre ma palanquée...Je reconnais que c'est un plaisir tout particulier de plonger seul et que celui qui ne l'a jamais fait, ou n'a jamais pensé à le faire, me jette la première pierre! Ce plaisir n'aura été qu'amplifié sur ces épaves et notamment sur le SMS Brummer.
Je constate que certaines tôles sont en équilibre assez précaire et il serait très désagréable de se trouver en dessous si par malheur elles devaient se détacher. N'oublions pas que ces épaves gisent dans les eaux de Scapa-Flow depuis plus de quatre vingts ans et que les aciers les plus résistants commencent à montrer leurs limites. |
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J'en profite pour visiter la passerelle et l'un des ponts inférieurs avant puis me dirige vers la machiné où je m'attarderai un peu. J'en profite ensuite pour passer sous la coque et aperçois l'arbre d'hélice coupé.
L'ancre de poupe est toujours en place et le passe par le pont arrière, dont le bois est en bon état, avant de remonter vers le bout, en passant dans les coursives vers une vingtaine de mètres.
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| Jeudi 27 octobre 2005 |
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| Matin |
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Nous avions suggéré le James Barrie pour changer un peu, c'est le sous-marin UB116 qui a été choisi à l'unanimité pour rester dans les épaves historiques...
L'UB116 est un sous-marin allemand qui a tenté le 28 octobre 1918 (c'est presque son anniversaire) l'un des derniers coups d'éclat du conflit qui se terminait. Sa tentative d'entrer dans Scapa-Flow pour torpiller un bâtiment anglais dans sa forteresse. Malheureusement il a été détecté par les hydrophones et coulé par une mine télécommandée, tuant ses 34 membres d'équipage.
Nous nous retrouvons donc dans Hoxa Sound à l'heure de l'étale. Je m'immerge seul pour mettre en place un balisage plus visible que la petite bouée. Je partirai donc seul pour cette plongée. |
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Je m'attendais à une épave méconnaissable et au moins elle aura été conforme à mon attente...
La visibilité y est médiocre en j'en ai été étonné car habituellement elle est excellente dans les passes. Je ne me suis donc pas trop attardé d'autant que même pour la photo cette épave ne présente pas grand intérêt.
Il fallait le faire un jour pour pouvoir en parler, c'est fait, tournons la page!
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| Jeudi 27 octobre 2005 |
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| Après-midi |
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C'est donc là ma cinquième plongée sur le SMS Cöln et je me délecte toujours autant sur cette épave. Allez si je dois lui faire un reproche, ce sera celui d'avoir été dépouillé d'une grande partie de ses canons de 150mm et ne demeurent que ceux, au nombre de deux, sur sa poupe. |
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Là aussi, j'ai choisi de faire cette plongée seul, non pas pour bouder ma compagne de palanquée habituelle mais bien car je me suis muni de mon caisson photo et que je comprends aisément que ce n'est guère réjouissant pour les autres. En plus, connaissant maintenant cette épave, je me déplace très rapidement entre mes différents d'intérêt.
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| Vendredi 28 octobre 2005 |
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| Matin |
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Ma préférence, pour les cuirassés, allait sans conteste vers le SMS Kronprinz Wilhelm. Mais je ne voulais pas rester sur cette impression. C'est pour cela que j'ai trouvé judicieux de retourner sur le SMS Markgraf pour éventuellement réviser mon jugement du mois de juin. Disons-le tout de suite, je n'ai pas été déçu, loin de là...
Avant notre immersion nous nous faisons donc notre petit briefing pour mieux nous y retrouver.
Comme le Kronprinz Wilhelm et le König, le Markgraf repose à l'envers, son côté le plus accessible est à tribord, légèrement surélevé.
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Le bout se trouve vers l'arrière, sans toutefois plus de précisions et là aussi nous décidons de raisonner en droite-gauche plutôt que tribord-bâbord. Arrivés sur l'épave, à -24m, nous nous laissons donc glisser le long de la coque jusque vers -40m et commençons notre exploration main droite, ce qui devrait nous emmener vers l'avant.
Les canons latéraux de 150mm sont très visibles et les tourelles sont suspendues au-dessus de nos têtes. Nous profitons d'une très large ouverture pour nous engouffrer dans l'épave en progressant toujours dans la même direction. L'eau est d'une clarté surprenante et nos puissants phares nous agrémentent d'un spectacle grandiose et inespéré. En contrebas sur notre gauche de nombreuses ouvertures nous permettent de poursuivre dans cette direction sans danger de nous retrouver coincés par un mur de particules. D'autres passages vers notre droite sont bien tentants mais très raisonnablement nous choisirons de ne pas nous y attarder, au moins pour cette fois.
Nous repassons vers l'extérieur de l'épave au bout d'une quinzaine de minutes d'exploration et rebroussons chemin en direction du bout. La visibilité sur la coque est bien moins bonne et je me résoudrai bien vite à déballer mon parachute de palier.
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Habituellement toutes les palanquées se retrouvent au mouillage, se décomposent et se recomposent au fil de leur décompressions respectives. Evidemment à ce petit jeu, j'étais souvent gagnant avec mon Buddy Inspiration. Mary a fait cette plongée à l'air et nous sommes bien entendu restés à faire les paliers "air" de son Aladin...
Contrairement au SMS Kronprinz Wilhelm, les grosses pièces d'artillerie de 305mm ne sont plus visibles sur le SMS Markgraf, trop enfoncées dans le sable. Il n'empêche qu'à mon sens cette épave vaut bien le Kronprinz Wilhelm et j'y retournerai sans aucun doute lors de nos prochaines expéditions à Scapa-Flow.
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| Vendredi 28 octobre 2005 |
F2 (Escorteur) + Barge YC21 |
| Après-midi |
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Nous décidons de faire le F2, sans trop de conviction mais par nécéssité météorologique car le vent s'étant levé, il devenait aléatoire d'espérer faire l'un des blockships de Burray Sound. J'avais fait un précédent commentaire peu flatteur sur le F2 et je dois reconnaître humblement que cette nouvelle plongée m'a séduite.
Je me suis donc immergé sans trop d'enthousiasme mais avec la ferme ambition de retrouver la barge YC21 que je n'avais pas trouvée la fois précédente. |
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| Nous n'étions pas les seuls à avoir choisi cette solution de repli et le très récent passage de plongeurs était encore bien visible sur l'avant. Je décide donc de ne pas trop m'y attarder pour le moment et de me le réserver pour la fin. Je me dirige vers l'arrière de la passerelle en direction de ce qui fut la machine. Cette épave est très poissonneuse et c'est sans surprise que je croise une otarie puis un oiseau en quête de nourriture. Le temps de faire quelques photos et d'imaginer à quoi pouvaient bien servir les éléments épars. |
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A hauteur des machines, j'aperçois un bout qui s'éloigne perpendiculairement vers tribord. Je décide de le suivre et, au bout d'une trentaine de mètres, je tombe sur la proue de la barge YC21. Elle est également très poissonneuse et je pénètre rapidement dans ses cales largement ouvertes. Cette barge, longue d'une vingtaine de mètres, recèle bien des surprises et vers l'arrière je découvre 2 pièces d'artillerie prélevées sur le F2. Il s'agit d'un canon (85mm) et d'une DCA de 2x20mm. Des casiers de rangements sont fixés sur les côtés et un établi muni de son étau est toujours en place à l'arrière bâbord.
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Je m'attarde quelques minutes sur cette barge avant de revenir rapidement vers le F2. Je m'y trouve maintenant seul et en profite pour faire quelques photos avant de rejoindre la surface. |
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Je me réjouis donc maintenant à me déplacer à mon aise sur ces épaves en les connaissant suffisamment pour rejoindre d'un coup de palme chaque point intéressant. Bien entendu il me reste beaucoup de chemin à faire pour connaître encore mieux les petits détails et surtout pour remettre chaque détail à sa place sur la bonne épave!J'ai été hésitant pour cette date car Scapa-Flow se trouve quand même sur le 58è degré Nord et je m'attendais à des conditions assez difficiles. La surprise est excellente car la météo aura été assez clémente bien que très locale. Nous ne pourrons donc pas nous en plaindre. |
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