Le France, lac d'Annecy
 
L'épave du France, lac d'Annecy (Haute-Savoie)


Type de bateau
 
Le France était le dernier bateau français équipé de roues à aubes long de 47.5m et large de12m . Sa machine à vapeur de 350ch, le propulsait à 15 nœuds. Il pouvait emmener jusqu'à 700 passagers.
 
Historique
 
Construit à Zurich par la société Escher Wyss, le France, qui est assemblé au chantier de La Puya (Annecy), est mis à l'eau le 13 mai 1909, au hangar de la Compagnie des Vapeurs du lac. Le soir, une clientèle huppée, venue de l'Europe entière, embarque pour une croisière au clair de lune. La journée, les riverains du lac prennent le bateau qui sert aussi de transport en commun. Le mardi, jour de marché, les paysannes envahissent les ponts, transportant des tas de légumes, des animaux de basse-cour et parfois, on embarquait même des vaches.
La deuxième guerre mondiale, bien sûr, va limiter les sorties du bateau. Il sera transformé en prison flottante et il vit alors une période noire dont certains résistants se souviendront à jamais. Le 13 mars 1944, la milice a procédé à une gigantesque rafle dans la ville d'Annecy. Comme les prisons sont pleines, on réquisitionne le France. Cent personnes vont y être entassées, mais cet enfermement ne durera que cinq jours. Les miliciens ne parvenant pas à faire démarrer le bateau pour l'ancrer au large; ils transféreront tous les prisonniers ailleurs... certains d'entre eux ne reviendront jamais des camps de concentration.
Revient enfin la paix et pour le France l'occasion de renouer avec son public ; mais l'époque a changé. Techniquement dépassé, le France, à chaque croisière, consomme plus d'une tonne de charbon. Le bateau s'avère bientôt trop grand et ses clients habituels lui préfèrent l'automobile. En 1962, la Compagnie des Bateaux à Vapeur du lac d'Annecy annonce son désarmement : c'est le tollé. Un comité de défense du France, aussitôt constitué, cherche un acquéreur en lancant une souscription publique. C’est finalement M. Bruel, patron de la Société des Bateaux-mouches de Paris qui le rachète pour 2,8 millions de centimes et en fait sa résidence secondaire. Il sauve ainsi in extremis le France d'une découpe au chalumeau.
Durant plus d'une année, les ouvriers, peintre, mécanicien, menuisier, calfat, s'emploient à donner au France une seconde jeunesse dans un style très "début de siècle". On l'équipe de cabines et de douches tandis qu'un billard trône désormais dans le salon et des fauteuils en osier sont disposés sur le pont. Voici donc le France ancré au large, immobilisé par la perte de son certificat de navigation en 1965. Mais le patron des bateaux- mouches ne renonce pas à son envie : Le 27 mai 1965, il offre à son bateau un dernier tour du lac... en toute illégalité ! Il y aura bien d'autres réceptions, dîners de gala, soirées de café-théâtre et autres assemblées générales à bord du bateau à nouveau immobilisé... . Femme de lettres, Mme Bruel profite de la belle saison pour venir s'y reposer; elle y écrira , sous son nom de jeune fille, Nicole de Buron , le scénario du feuilleton télévisé "Les Saintes Chéries"
 
Le naufrage
 
Le samedi 13 mars 1971, tout Annecy est en émoi. Tôt le matin, les premiers promeneurs, ont bien senti, sans y prendre garde, que le paysage avait changé. Très vite, il faut se rendre à l'évidence : le France, ancré depuis des années au large de la plage, a disparu ! Seuls flottent encore quelques débris, une petite embarcation de sauvetage et un canot "Bombard" partiellement gonflé. Bien sûr, les gendarmes, le directeur des services de l'Equipement responsable de la navigation sur le lac et des plongeurs du Club subaquatique alpin sont déjà sur les lieux. Reste aux autres à s'interroger sur les raisons du naufrage. On échafaude les hypothèses les plus diverses. Les uns parlent d'attentat. D'autres évoquent de prétendus "ballets roses" que les soirées organisées sur le prestigieux navire leur laissent imaginer. Certains encore assurent aussi avoir vu, ces derniers jours, le bateau gîter et pour ceux-là, il ne fait pas de doute que l'eau s'est engouffrée par les hublots! On évoque aussi le froid, particulièrement rigoureux cet hiver-là... Une tôle de la coque aurait pu céder, sous la simple action du gel et c'est par une vanne, située sous la ligne de flottaison, que l'eau se serait engouffrée. A moins qu'un véritable pain de cette glace longuement accumulée dans les cales n'ait cogné, aux premiers dégels, contre les parois du bateau, à la manière d'une tête de bélier... En fait, jamais le mystère du naufrage du France ne sera éclairci...
 
L'épave
 

Le France est certainement une des plus belles épaves de la région. Elle est dans son ensemble en excellent état et repose dans la baie d'Albigny.


Le haut du pont est à 32m et le plus profond est au niveau de la poupe à 42m.

 
  Texte de François Beaumont (Source Thierry Mestre)  
Quelques photos de nos plongées...


 

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